Musculation et épigénétique

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En musculation, un adage fréquent est d’entendre dire « oui, mais il a une bonne génétique » ou « de toute façon, je n’ai pas de génétique pour les bras » etc. Bien qu’il existe des différences entre les individus (ce fameux pote qui prend facilement), il faut prendre garde de ne pas utiliser la génétique comme excuse toute trouvée à notre impuissance face à un obstacle.

Cette vision très classique de la musculation ne tient pas compte des progrès scientifiques du XXIè siècle, notamment en terme de biologie et de génétique. C’est le propre de l’article, il s’agit de la notion d’épigénétique. Le fait de pousser et manger n’est pas une finalité en soi ni même la meilleure des idées pour qui veux durer. Bien des pratiquants sont persuadés que seule volonté, la force brute et la sueur sont les seules alliés qui vaillent. C’est notamment Olivier Lafay qui a été précurseur en France de cette notion de musculation et d’épigénétique. Il a pu l’intégrer au domaine de la musculation (article intéressant ici).

Épigénétique: définition et enjeux divers

L’épigénétique est une découverte très récente. C’est notamment Joël de Rosnay qui nous explique son fondement et ses enjeux dans cette vidéo. Pour vous résumer, l’épigénétique c’est la modulation de l’expression de nos gènes en fonction de notre comportement.

Cette modulation de l’expression est étroitement corrélée à 5 éléments de notre environnement quotidien:

1. Notre alimentation

2. L’activité physique

3. Notre gestion du stress (nos pensées jouent aussi sur l’expression de nos gènes)

4. Le plaisir dans ce que nous faisons chaque jour

5. Des relations saines (amis, famille, travail…)

Que remarquez-vous sur ces 5 points? Ils sont tous à notre portée, maîtrisables. On ne vous demande pas l’impossible pour aller mieux!

Alors, quels enjeux finalement? En fait, l’épigénétique, c’est la révolution du domaine de la génétique qui nous murmure à l’oreille que nous pouvons nous faire du BIEN. Oui, le changement est possible. Malgré nos déterminismes biologiques et sociaux-environnementaux forts (voir l’article Liberté: entre mythes et réalités), des outils de libération existent: l’épigénétique en fait partie. Devenir responsable, c’est donc aussi prendre en compte cela dans votre quotidien. Ces 5 points, bien respectés et jouant en synergie vont considérablement élever votre corps (santé), et reposer votre esprit (bien-être).

L’épigénétique est une science relativement jeune, et pleine de promesses!

Comment se servir de l’épigénétique en musculation?

J’en viens au point qui peut-être vous intéresse le plus. L’application de l’épigénétique à la salle ou chez vous, autrement dit: comment me servir de cette information concrètement pour me muscler (ou autres objectifs d’ailleurs)?

En réalité, c’est plutôt simple. Déjà, commencer par vous bâtir une diète que vous aimez, elle doit être équilibrée, mais aussi composée de temps à autre de petits plaisirs. Cela sera variable d’un individu à l’autre, évidemment. Les métabolismes très rapides sont plus chanceux de ce côté, alors que les plus lents stockent davantage la graisse (même si le métabolisme n’est pas la seule explication). Vous savez, TOUS nos comportements et actions ne sont anodins, ils signifient quelque chose de nous. Alors respectez votre corps, ne le laissez pas ingérer n’importe quoi!

régime sain

Le fait de manger équilibré est un facteur crucial dans la modulation de l’expression de nos gènes

Ensuite, établissez une séance ou des séances types. Le programme ne doit pas changer trop souvent, il faut progresser dessus. Le corps doit sans cesse s’adapter aux nouvelles contraintes, en douceur. Ne forcez pas constamment, respectez votre corps encore une fois! Soyez méthodiques, forcez quand il le faut, et prenez du repos quand c’est nécessaire: il faut durer!

La nécessite de la pratique d’une activité sportive n’est plus à démontrer… il FAUT se bouger!

Le dernier point peut sembler éloigné de la musculation, pourtant il est aussi d’une grande importance. Il s’agit de penser en terme de relations et de contextes. En effet, le stress, le travail, ou les relations que l’on a avec autrui forment une synergie plus ou moins agréable en nous. Tout cela est lié à l’esprit, au ressenti… mais à des répercussions sur le corps. Ainsi, quelqu’un qui a une vision saine de lui-même, qui est davantage dans la coopération que la compétition (même si cette dernière a ses vertus), avec un cadre sain, un travail agréable… sera dans des dispositions bien plus favorables quant à la modulation de l’expression de ses gènes.

L’aspect socio-relationnel, tout à fait délaissé et méconnu est pourtant déterminant!

Finalement, l’épigénétique nous dit qu’il est tout à fait possible de progresser davantage selon certains critères. En travaillant sur une diète équilibré et agréable, un entraînement réfléchi et qui nous correspond, ainsi qu’un contexte relationnel et social favorable. Là, vous allez me dire: « Je connais plein de mecs qui n’ont aucune connaissances de tout ça, ils prennent sans problèmes ». C’est vrai. Je ne le nie pas un seul instant. D’ailleurs, le dopage (« anti-santé » par excellence) fonctionne à merveille et vous permet d’exploser votre potentiel. Mais pour combien de temps? Et que cela signifie t-il de vous? Que vous êtes prêt à tout pour l’apparence physique et/ou la performance. Ce « prêt à tout » est destructeur, il vous engage nécessairement sur des pentes très glissantes et vous fait jouer avec votre santé. Ce n’est pas le sujet de l’article, mais je reparlerai du dopage bientôt.

Néanmoins, l’épigénétique vous permet de considérer la musculation de manière très globale: un ensemble de processus et d’éléments qui fonctionnent ensemble pour atteindre votre potentiel maximal (les 5 éléments). Il y a forcément un des facteurs que vous négligez un peu (la plupart du temps, ce qui touche aux relations et contextes), alors vous pouvez vous améliorer. A titre personnel, quand j’étais stressé un peu plus jeune (vers 20-21 ans) pour plein de raisons, je progressais, mais peu. Quand j’ai commencé à avoir un contexte plus favorable (environnement différent), j’ai pris tout de suite plus de plaisir et mes résultats ont explosé. Pourtant j’étais plus âgé et avec un niveau plus avancé (là où la stagnation peut être plus fréquente).

Savoir que vous avez à ce point le contrôle sur vos gènes est fantastique pour les pratiquants de musculation…. et tous les autres! Evidemment, le corps a ses limites (j’en reparlerai aussi), alors ne me faites pas dire que vous pourrez franchir tous les paliers. En revanche, ce qui peut devenir réalité si vous prenez en compte tout cela, c’est le fait de progresser sur la durée! Une alimentation, un entraînement et un contexte socio-relationnel favorable vous emmèneront plus loin que celui qui ne connaît que la brutalité et qui refuse de mêler science et musculation. Pour autant, n’allez pas non plus vous embrouiller ou chercher des combinaisons miracles: restez simple, vous savez au fond ce qui vous porte ou ce qui vous fait du mal.

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Un commentaire sur “Musculation et épigénétique

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